15.01.2008
Le livre, un outil pour sauver tous ces élèves «sacrifiés»!
Le livre, un outil pour sauver tous ces élèves «sacrifiés»!
Le Figaro 15/01/2008
Par Alain Absire , écrivain, président de la Société des gens de lettres.
Le chagrin d'être cancre… Douleur et marginalisation du mauvais élève, tel est le point de départ de Chagrin d'école de Daniel Pennac. Au-delà d'anecdotes souvent savoureuses, un constat s'impose au fil des pages : la tentation est forte pour celui qui ne possède, au sortir de l'école, la clé de relations harmonieuses ni avec lui-même ni avec les autres de s'exprimer par la violence, verbale ou physique.
En 2006, un Français sur quatre de plus de 15 ans n'a lu aucun livre, et 38 % des lecteurs lisent moins de dix livres par an (hors bande dessinée) contre 24 % en 1973 (1). La « génération Internet » vit dans l'immédiateté. Le signe de plus en plus approximatif et l'image qui défile gratuitement sur tous les écrans, via le Web, l'emportent sur le sens. Quand l'extrait se substitue à l'œuvre, prendre le temps de l'analyse et de la réflexion indispensable à l'action ne semble plus nécessaire. Et cependant, la renaissance de l'écrit est bien réelle. Chats, blogs, SMS, sites d'échange et de partage… on n'a jamais autant écrit ni autant lu. Mais, sans le livre, désacralisé, découpé et trituré à volonté sur la Toile, et sans les normes qu'il impose, l'écrit prolifère de façon anarchique.
Le résultat est préoccupant : comment s'intégrer dans notre société si le seul langage que l'on pratique est approximatif, codé et réservé à une nouvelle population d'illettrés qui écrivent phonétiquement comme ils parlent ? L e temps des «passeurs de livres». Face à la déferlante d'images préformatées, tellement hachées qu'elles ne laissent aucune latitude d'implication personnelle au jeune qui s'en abreuve, s'ouvre la voie de l'imaginaire où règne la liberté.
Pour l'explorer, en relation avec les Drac et les centres régionaux du livre, avec le soutien des collectivités locales et de l'Éducation nationale, il apparaît urgent de renforcer le réseau des médiateurs de proximité. Écoles, librairies, bibliothèques, associations, maisons d'écrivain, relais sociaux,etc., toutes les énergies peuvent être fédérées, au profit de ce grand projet annoncé d'éducation artistique et culturelle autour du livre et de l'écrit.
Impliquer médiateurs du livre et créateurs sur le terrain, c'est assurer la transmission de repères culturels collectifs. C'est tisser le lien social, vecteur d'expression orale commune, et de solidarité, qui nous manque.
Les enseignants et les auteurs qui en font l'expérience le savent: rien ne vaut l'impact d'une rencontre et d'un échange en direct.
Quelle n'est pas la surprise des jeunes non-lecteurs, face à l'intérêt que leur porte l'écrivain ou l'illustrateur venu dialoguer dans leur classe! Quels que soient leur milieu social et leur filière éducative quand le travail est bien préparé par les enseignants ouverts sur le champ des compétences extérieures, le désir de transmettre ensemble porte ses fruits.
Surpris de rencontrer un auteur «encore vivant», les élèves sont valorisés et étonnés de voir qu'ils comprennent le langage qu'on leur tient. Quoi de plus efficace pour lutter contre la sourde humiliation de celui qui se croit inapte à partager avec les privilégiés du savoir?
Budgets en diminution et difficultés comptables et administratives rencontrées par les structures invitantes pour rémunérer les auteurs, ces dernières années, le nombre d'ateliers de pratiques artistiques par la lecture et l'écrit dans l'enseignement primaire et secondaire a accusé une chute spectaculaire.
À l'heure où l'Éducation nationale annonce des initiatives pour développer une gamme d'outils incitatifs en faveur de la production de l'écrit à l'école, et au moment où Xavier Darcos met en place des tests d'utilisation de lecteur numérique à encre électronique auprès de 1 500 élèves de sixième, en vue d'aboutir à des terminaux de lecture (e-books) adaptés aux collèges, nous sommes fondés à espérer une mobilisation des acteurs du livre en faveur de la découverte de la littérature vivante en zone d'éducation.
L'opération «À l'école des écrivains, des mots partagés», qui permet à trente et un collèges de travailler directement avec des écrivains, va dans le bon sens. Mais, pour que le nombre des «sacrifiés» se réduise, elle doit être l'amorce d'un plan d'action à l'échelle nationale.
20:25 Publié dans Ah ? Bon ? Vous croyez ?, CULTURE POUR TOUS, Dans la presse, Globalement, LECTURES, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.12.2007
la Confiance en soi de votre enfant

Recommandé par Le Figaro ce 31 décembre 2007
Paru le 31.12.2007, par Sophie Carquain
VALORISEZ SES COMPÉTENCES
1. Le cahier de la réussite : au lieu de passer des heures à analyser une mauvaise note, essayez plutôt d’étudier avec votre ado comment il a pu en obtenir une bonne, comme ce 15/20 ou ce 16/20 (il avait bien lu l’énoncé, il avait bien dormi la veille, il n’a pas fait de faute d’étourderie…). Et consignez cela par écrit. Face à un mauvais résultat, adoptez la stratégie du vélo : ne pas s’appesantir et remonter en selle !
2. Parlez de vous et de vos propres difficultés : « C’est très décourageant d’avoir des parents qui sont des modèles parfaits », nous explique le Dr. Gisèle George.
3. Félicitez-le à bon escient : plutôt que de dire « Tu es génial mon chéri » (ce qui paradoxalement l’insécurise), soulignez plutôt une qualité précise qui le valorise.
4. Même stratégie pour vos critiques : préférez « Je n’aime pas te voir toujours devant la télé » à « Tu es feignant ».
5. Pour les devoirs : jouez le rôle de l’élève, et lui celui du prof. « Pourquoi es-tu passé de cette étape à telle autre ? ». « Peux-tu me rappeler la bataille de la Marne ? J’ai oublié. » N’hésitez pas à lui faire remarquer que son cours d’histoire sur le bilan de la Première Guerre mondiale est passionnant.
6. Sortez du cycle des reproches qui ont tendance à saborder l’estime de soi des parents comme celle des enfants. Créez un tableau et installez-le dans sa chambre : inscrivez-y une liste d’activités génératrices de conflits (faire son lit, se lever à l’heure le matin, obéir sans vous obliger à monter le ton, mettre le couvert, faire ses devoirs à l’heure…) et faites une croix sur ce qui a été correctement réalisé. Au nombre de croix obtenu correspondra une récompense (sortie plus tardive, rallonge de jeux d’ordi, etc.). Ainsi, vous pourrez améliorer l’ambiance à la maison, et vous lui donnerez également l’occasion d’être content de lui !
(1) Aux éditions Odile Jacob.
POURQUOI CE DÉFICIT MORAL ?
l Il est normal, l’adolescence inaugure la remise en question de compétences, le corps change de mois en mois, et les ados sont en « panne de moteur » à la sortie de l’enfance. l Il s’accentue dans une société de performance, devenue hyper exigeante, et nombre d’ados ne se sentent plus à la hauteur.
10:05 Publié dans Actualités, CONSEILS de Classes, Dans la presse, Globalement, LECTURES, LECTURES POUR TOUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.12.2007
Littérature jeunesse et censure ?
19:15 Publié dans Actualités, Dans la presse, Lecture CENSURE, LECTURES, LECTURES POUR TOUS, QU'EN PENSEZ-VOUS ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



