16.02.2008

11200 postes supprimés 7200 pour Paris Versailles Créteil

 
Cet article de Libération est presque froid . C'est un constat.
Et il n'y a pas que les ZEP  qui sont touchées...
 
Qui propose quoi ?
 
 

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15.02.2008

Baisse de la dotation horaire globale à Paris

Merci l'AEF  ( 14 février 2008) 

 

Baisse de la dotation horaire globale à Paris: les collèges du Xème arrondissement en grève
Une trentaine d'enseignants des collèges du Xème arrondissement de Paris (La Grange aux Belles, Valmy, Palissy) sont venus manifester ce jeudi 14 février 2007 devant le rectorat de Paris pour protester contre la baisse de la dotation horaire globale. Ils ont déchiré et jeté par terre les livrets de compétence expérimentés cette année dans cet arrondissement: "On nous demande du travail supplémentaire et dans le même temps on nous supprime des heures", dénonce l'un des enseignants. Contacté par l'AEF, le rectorat n'a pas souhaité réagir.

Le collège Bernard-Palissy est en grève, et donc fermé aux élèves, depuis jeudi dernier. Sa dotation horaire globale a été diminuée de 70h, ce qui représente 25% des heures de cet établissement, selon Renaud Viala, enseignant d'EPS dans ce collège. "Le rectorat a annoncé ce matin qu'il nous donnait 25 heures de plus que prévu, comme aux autres collèges de l'arrondissement. Mais cela n'est pas suffisant pour Palissy qui a en particulier une classe d'UPI", explique-t-il. "Pour l'instant, cela nous oblige à accueillir 32 élèves par classe en 6ème."

Le collège de la Grange aux Belles était également en grève jeudi dernier.

MENSONGES DU MINISTRE SELON LA FCPE

Pour la FCPE-Paris, l'analyse de la répartition entre les collèges des heures d'enseignement pour la rentrée 2008 "est limpide et édifiante": "les heures sont enlevées aux collèges en difficulté et suivent la fuite des élèves vers les collèges déjà favorisés". La FCPE rappelle que "le ministre avait promis que les collèges qui perdraient des élèves conserveraient leurs moyens".

Elle note en outre que "la réalité de la diminution du nombre de poste d'enseignants (moins 177 à Paris) est maquillée par la transformation de postes en heures supplémentaires": "à Paris, une centaine de postes vont ainsi être émiettés en heures supplémentaires. Quelle pérennité des projets et des équipes avec cette politique? Quel devenir pour les actions de soutien aux élèves, pour les dédoublements de classes, la qualité de l'enseignement des langues, des sciences?", s'interroge la fédération de parents d'élèves. Elle a décidé, de manière symbolique, de ne pas siéger à la réunion du CDEN (Conseil départemental de l'Éducation nationale) demain, "manifestant par ce boycott le refus de ces mystifications". Elle invite les parents à se joindre à la manifestation organisée par les syndicats des personnels de l'Éducation nationale du second degré en Île-de-France qui aura lieu demain 15 février à 14 heures, place Edmond-Rostand (VIème arrondissement).


LA MAIRIE DE PARIS REDOUTE LE CREUSEMENT DES INÉGALITÉS ENTRE ÉTABLISSEMENTS

Éric Ferrand, adjoint au maire de Paris en charge de la vie scolaire et de l'aménagement des rythmes scolaires, s'inquiète de l'amplification de la "détérioration du service public de l'éducation". "La gestion comptable des personnels de l'Éducation nationale et le recours aux heures supplémentaires comme première variable d'ajustement, constitue l'orientation centrale de la politique éducative du gouvernement", ce qui "creuse les inégalités entre les établissements et entre les élèves", explique Éric Ferrand. "Conséquence de cette situation délétère, le Conseil départemental de l'Éducation nationale ne pourra probablement pas se tenir demain." Il souhaite que "le mécontentement des personnels de l'éducation soit entendu par le gouvernement" et estime que "les effets d'annonce et de diversion ne trompent plus les Français".


31.01.2008

Carte scolaire Lycées Paris supprimée

Si l'on regarde de plus près , on verra que c'est peut-être pire ! 
Merci monsieur le Ministre , c'est sinistre .
 
 

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30.01.2008

Carte scolaire : Eric Ferrand contre cette ' suppression' .

Mercredi 30 janvier 2008

Eric Ferrand contre la suppression de la carte scolaire à Paris

Eric Ferrand, adjoint PS de Bertrand Delanoë chargé de la vie scolaire, a "condamné" mercredi la décision de supprimer la carte scolaire à Paris, jugeant dans un communiqué qu'il s'agissait de "masquer les projets ultra-libéraux du gouvernement en matière éducative".

L'élu a estimé qu'avec ce nouveau dispositif d'affectation des élèves dans les lycées parisiens à 80% par ordinateur en fonction de trois critères (du plus au moins important: critères sociaux-maladie-handicap, géographie et notes), "le ministre de l'Education poursuit sa politique de coups d'éclats et de bouc émissaire".

"La carte scolaire serait responsable de tous les maux du système éducatif", a analysé M. Ferrand, assurant que "la municipalité parisienne refuse de cautionner une telle politique qui ne peut qu'amplifier les phénomènes de fractures scolaires dont souffre déjà notre capitale".

Il a enfin qualifié d'"extrêmement choquant", le fait que l'Etat s'en remette "à des ordinateurs pour décider de l'avenir de nos enfants".

Sur le blog D'Eric Ferrand :

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13.12.2007

La carte scolaire sera de plus en plus souple

Emmanuel Davidenkoff - 12 décembre 2007

Ce fut un des sujets explosifs de la campagne présidentielle, puis des premières semaines du gouvernement Fillon… On en reparle autour de deux actualités : c’est la carte scolaire…



Première actualité : Xavier Darcos a précisé hier dans quelles conditions il allait poursuivre l’assouplissement de la carte scolaire

Un rappel : il y a eu 13 500 dérogations supplémentaires l’an passé dans les collèges, 8 500 dans les lycées ; elles s’ajoutent aux 50 000 dérogations qui avaient été accordées avant la réforme de mai dernier… l’Education nationale va passer la vitesse supérieure en assouplissant encore plus les critères de dérogation…

A savoir critères sociaux, élèves souffrant d’un handicap ou d’un problème de santé lourd, élèves suivant un parcours particulier (c’est pour les options comme le sport ou la musique), et regroupement des fratries. Si vous répondiez à ces critères , vous étiez assuré d’obtenir satisfaction.

Ça restera le cas mais il y a une nouveauté : s’il reste des places dans un établissement une fois satisfaites les demandes d’élèves du secteur et les dérogations délivrées selon les critères que je viens de citer, cet établissement aura le droit de recruter qui il veut.

On risque donc d’accélérer encore la fuite de certains établissements, notamment en collège et notamment en banlieue. Pour l’instant, la réponse du ministère consiste à maintenir les moyens des collèges même s’ils perdent des effectifs, voire de les renforcer (300 postes sont prévus, notamment d’infirmières ou d’assistants d’éducation). C’est le pari du cercle vertueux : on renforce ainsi le taux d’encadrement dans les établissements les plus en difficulté afin qu’ils se rétablissent…

Tout cela, c’est pour l’enseignement secondaire ; mais on parle aussi « carte scolaire » pour le primaire mais dans un sens différent : l’expression « carte scolaire » ne désigne pas seulement la sectorisation, elle désigne aussi le processus de création et de suppression de postes. Or une polémique est en grain de monter, portée par les syndicats : le ministère a décidé de repousser à après les municipales ce qu’on appelle donc les opérations de carte scolaire – la répartition donc des postes école par école…

Habituellement ces opérations sont réalisées en décembre et en janvier. Alors l’explication est simple selon les syndicats : comme les postes seraient insuffisants, le gouvernement voudrait éviter des mouvements de grogne locaux qui pèseraient directement sur les maires, et sur la majorité en général. Une prudence électoraliste très classique les années de municipales : la gauche en avait déjà fait autant.

 

 La Chronique de France-Info  :      http://www.france-info.com/spip.php?article50654&them...

10.12.2007

Eric Ferrand , la carte scolaire , le Ministre et la FCPE

Eric Ferrand Lettre au président de la FCPE sur la carte scolaire en date du 08 décembre 2007 ( cette lettre se trouve à la fin de cette note, en PDF) 

A la lecture de votre courrier du 10 novembre concernant la procédure de sectorisation des collèges parisiens, je m’aperçois que nous n’apprécions pas de la même manière les conséquences de la politique actuelle de l’Etat.

Lorsque j'ai décidé de mettre en place des réunions de concertation pour redéfinir la sectorisation des collèges parisiens, c'était pour conduire un travail sérieux visant des objectifs clairs par une démarche transparente et loyale envers les différents partenaires : académie, chefs d'établissements, élus, parents.

Pendant deux ans, ce travail de précision a porté ses fruits, permettant de construire progressivement des secteurs mieux équilibrés en termes d'effectifs et socialement.

Certaines décisions courageuses devaient ainsi être prises même si elles ont pu ici où là être contestées par les conseils locaux des parents. Néanmoins, j’avais le sentiment que nous progressions collectivement dans le sens de l’intérêt général, celui d'une répartition plus juste des élèves entre les établissements et d'une amélioration de la mixité sociale.

Or voila que l'Etat a décidé unilatéralement de supprimer la « carte scolaire ». Dès le mois de juin dernier le Ministre de l'Éducation nationale à ainsi annoncé sa disparition d’ici trois ans et assigné aux académies l’objectif d’augmenter de 20% le nombre des dérogations dès la rentrée de septembre 2007. En effet, l'affectation des élèves est restée une prérogative académique. Dés lors, à quoi servent des secteurs si l'académie n'en tient pas compte pour l'affectation des élèves ?

Le fait est que nous avons assisté en septembre à l'ouverture de classes dans quelques établissements parmi les plus courus et à des fermetures dans les moins recherchés, tandis que d'une manière plus générale nous nous sommes aperçus d'une tendance à surcharger les classes des établissements les plus cotés au détriment des autres.

Cette mise en concurrence des établissements est non seulement malsaine et injuste, mais aussi lourde de conséquences pour leur fonctionnement et la qualité des enseignements. D’autant que, contrairement à l'engagement qui avait été pris par le Ministre, les moyens des établissements les plus fragiles ont été réduits.

Nous avons ainsi également constaté que la répartition des moyens d'enseignements (DHG) et celle des options suivaient une logique d'ajustement de l'offre à la demande, loin du principe d'égalité d'accès à un enseignement de qualité pour tous. En toile de fond, l'objectif prioritaire de l'Etat se révèle bien moins éducatif que budgétaire quand il ne s’agit ni plus ni moins que de supprimer 11.000 postes l'an prochain.

Malgré ce contexte dégradé, j'ai souhaité organiser les réunions de concertation comme les années précédentes. Mais après en avoir tenu quelques-unes, il s’est avéré que l'exercice tournait tout simplement à la mascarade.

De fait, nous ne disposions d'aucune vue précise ni des dérogations, ni des moyens accordés aux établissements, ni même de leurs effectifs. Bien entendu, mes demandes réitérées auprès de l'académie à cet égard sont restées vaines.

Aussi, face à un partenaire académique qui ne joue pas cartes sur table et se réfugie dans l'opacité, j’ai jugé préférable de suspendre un exercice vidé de son sens.

Reprendre ces réunions dans de telles conditions serait une tromperie envers les parents et un outrage à la démocratie envers les élus en laissant croire aux uns comme aux autres qu'une politique de sectorisation maîtrisée et raisonnée est mise en oeuvre, alors qu’il n'en serait rien en réalité. Pour ma part, je me refuse à ce genre de faux-semblant.

Je tiens à souligner que cette position ne remet pas en cause ce qui a déjà été accompli. La sectorisation restera seulement identique à celle de cette année. Rien n'impose d’ailleurs formellement de procéder à des modifications tous les ans. Il s'agit de progresser vers une meilleure mixité sociale et certainement pas de cautionner des manoeuvres contraires.

En vérité, en annonçant par avance l’octroi de dérogations en masse, l’état a dramatiquement légitimé et accentué l’évitement scolaire.

Rien qu’à cette rentrée, plus de 49 divisions (l’équivalent de trois collèges ! ) ont été fermées dont les 2/3 dans les établissements les plus fragiles. Et ceci au moment même où le département de Paris livre de nouveaux bâtiments pour améliorer l’accueil scolaire dans les mêmes secteurs comme, par exemple, Colette Besson en limite des 11e et 20e arrondissements.

La cogestion des dérogations, comme vous le souhaitez, ne servirait qu’à cautionner une véritable entreprise de sape de l’éducation prioritaire qui conduit tout droit à la ghettoïsation des établissements en ZEP.

S’il est a mon avis une attitude démissionnaire c’est bien celle qui consiste à participer à la dérégulation libérale de l’Education Nationale. La volonté du département de Paris est diamétralement opposée en ce qu’elle vise à garantir un enseignement de qualité pour tous et partout.

Donc loin de céder à une forme de dérobade ou de capitulation comme vous m'en faites l'affront, j'estime au contraire adopter une attitude de résistance salutaire face à une offensive sans précédent contre notre système éducatif.

Aussi, je ne reviendrai pas sur ma décision tant que je n'aurai pas obtenu de l'académie toutes les informations et garanties nécessaires à la reprise de la démarche dans des conditions satisfaisantes. En d’autres termes, je refuse pour ma part de devenir l’instrument d’une politique que je combats.

Bien entendu, je reste à votre disposition pour évoquer de vive voix ces différents sujets si vous le souhaitez.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.



Eric FERRAND

La lettre de la FCPE Paris     :     FCPE Lettre à Eric Ferrand_sectorisation_10novembre07.pdf
 

09.12.2007

La lettre de la FCPE sur la sectorisation à Eric ferrand

Vous trouverez le fichier ici : 
 

26.10.2007

Choix de l'école & carte scolaire.

 Compte rendu de lecture   sur :  http://www.nonfiction.fr

L'école dans la ville : ségrégation, mixité, carte scolaire

Marco Oberti

Éditeur : Presses de Sciences Po


 

 

 

Marco Oberti resitue le débat sur le choix de l’école et la carte scolaire dans le contexte français de ségrégation urbaine et scolaire croissante.
Olivier Rey

La question de la réforme de la "carte scolaire" a constitué l’un des rares sujets éducatifs évoqués lors de la campagne présidentielle. Il aurait d’ailleurs pu susciter plus de débats, tant celui sur la carte scolaire amène avec lui la question de la mixité sociale à l’école. Force est de constater que le clivage entre les candidats n’a pourtant pas été si fort qu’on aurait pu le penser. Comme si les tenants de la régulation collective, vaguement honteux du bilan de la carte scolaire, s’accommodaient du libre choix prôné par les libéraux, moyennant quelques aménagements.


Le travail de M. Oberti permet opportunément de resituer à leur juste mesure les différents processus de ségrégation urbaine et scolaire à l’origine de ces questions. Le sociologue pointe en particulier la nécessité d’élargir une vision trop souvent limitée aux établissements populaires, pour prendre en compte le fait que les pratiques de clôture ségrégative sont encore plus fortes "en haut" de la hiérarchie scolaire. Il souligne que la question ne se résume pas à une seule crise de l’idéal méritocratique dans les écoles de banlieues pauvres, et que la responsabilité n’en incombe pas uniquement à des classes moyennes obstinées à fuir ces établissements. La spirale de différenciation qui s’est emparée de l’ensemble du système éducatif menace en fait l’idée même d’un "bien commun" éducatif et, par ricochet, la cohésion de la société.


La course à l’excellence, cause majeure de la scolarisation hors-commune

Les sociologues ont mis à jour dans les années 60 les inégalités éducatives liées aux inégalités sociales. Depuis quinze ans, c’est la logique de discrimination qui est de plus en plus ressentie. La concentration des classes populaires dans certains établissements amène en effet les élèves à vivre leur échec non plus comme une situation de désajustement par rapport aux normes scolaires, mais bien comme une action discriminante liée à leur origine sociale voire ethnique. Autrement dit, les échecs ne sont plus vécus comme le produit malheureux mais non-intentionnel d’un écart à la culture dominante, mais comme le fruit de stratégies assez systématiques pour écarter certaines catégories de la population des voies de la réussite scolaire et sociale.


Dans une première partie plutôt théorique et pas toujours très fluide, M. Oberti s’attache ainsi à retracer les évolutions parallèles, et plus rarement convergentes, de la sociologie urbaine et de la sociologie de l’éducation concernant la question spatiale. Dans les parties ultérieures, il précise et confronte ces théories aux résultats des enquêtes qu’il a menées dans le département des Hauts-de-Seine.

Ce département présente en effet de nombreuses situations contrastées, avec une extrême concentration de richesses et d’établissements scolaires publics et privés "d’excellence" dans certaines villes (Neuilly, Puteaux, Levallois, Sceaux, St Cloud…) d’un côté, et de l’autre des communes populaires qui comptent toujours des taux importants d’employés et ouvriers, de populations issues de l’immigration, d’écoles et collèges en ZEP-REP (Bagneux, Malakoff, Villeneuve-la-Garenne, Gennevilliers, Nanterre…). En outre, des quartiers socialement plus mélangés permettent de mieux approcher la question tant discutée des stratégies des classes moyennes, notamment dans les contextes de "gentrification", c’est-à-dire d’investissement de quartiers de tradition populaire par certaines classes moyennes

En centrant l’étude sur Rueil et Nanterre, l’auteur donne à voir les stratégies scolaires concrètes des différents groupes sociaux. A Rueil, commune bourgeoise, la scolarisation dans un collège en-dehors de la commune est modeste et surtout socialement peu différenciée.
A Nanterre, commune populaire, cette scolarisation hors-commune devient significative et fortement contrastée en fonction de la catégorie sociale : près de la moitié des enfants de classes supérieures est scolarisée dans un collège extérieur à la ville et près de 30% de ceux des catégories intermédiaires , contre 14% des employés et 8% des ouvriers. Fuite des familles aisées face à la mauvaise réputation des collèges de ZEP ? Pas forcément, puisque l’évitement des collèges de Nanterre concerne principalement les zones moins populaires à recrutement socialement mixte. C’est donc bien une volonté de maximiser la performance scolaire de leurs chérubins qui motive les classes moyennes et supérieures, plus que celle d’éviter les établissements de mauvaise réputation.
A Rueil, la concurrence s’organise dans la ville elle-même : prés de 35% des élèves au recrutement social le plus favorisé vont ailleurs que dans le collège public de leur secteur. Cette fuite, en majorité vers des établissements secondaires privés et très sélectifs, a peu à voir avec l’évitement des collèges "mal famés", vu l’homogénéité sociale de Rueil. Elle répond avant tout, là aussi, à une logique de recherche de l’excellence.



Ségrégation sociale et concurrence scolaire se tiennent la main

Marco Oberti tire finalement de ses enquêtes trois modèles idéal-typiques de rapports à l’école. Un premier modèle est caractérisé par une logique de performance, associée aux classes supérieures, qui optent pour des espaces résidentiels sélectifs et une recherche d’excellence scolaire, en ayant fréquemment recours au privé sélectif. Les entretiens réalisés avec des parents qui se rattachent à ce modèle montrent que pour eux la "bonne école" est à la fois une école performante mais aussi "bien fréquentée". Le choix scolaire est clairement un moyen d’effectuer un tri social. Cette vision reste individualiste ; l’école n’est qu’une ressource à optimiser dans un parcours tout entier tourné vers la réussite personnelle et professionnelle, sur un arrière fond de concurrence généralisée.


Le second modèle correspond à la logique d’intégration et de protection plutôt associée aux classes moyennes, qui habitent en majorité dans des espaces socialement mixtes et dont le souci est prioritairement d’assurer une scolarité "normale" à leurs enfants. La socialisation et l’épanouissement de l’enfant sont en effet des éléments qui sont pris en compte à côté de la performance scolaire. L’aspiration majoritaire des parents est plutôt de bénéficier de services éducatifs "dans la moyenne", sans forcément rechercher l’excellence, mais avec le souci que la scolarité ne soit troublée ni par des problèmes de sécurité ni par un environnement éducatif dégradé.


Le troisième modèle renvoie à une logique de retrait, associée à la frange la plus précaire des classes populaires, qui se caractérise par une forte distance au monde scolaire, et qui est finalement la seule catégorie pour qui la carte scolaire apparaît réellement contraignante.

On voit donc que c’est aux deux extrêmes de la société que les dynamiques ségrégatives sont les plus fortes. D’un côté, les catégories sociales supérieures sont à la fois les plus ségrégées dans l’espace urbain et les plus concernées par la scolarisation hors-commune. De l’autre côté, les catégories populaires sont aussi fortement concentrées mais pratiquent peu l’évitement scolaire.

Du côté de l’offre scolaire, c’est la logique de concurrence qui tend à prévaloir, avec des phénomènes de diversification qui contribuent à hiérarchiser les établissements. Plus le profil social de l’établissement est élevé, plus on constate la présence de classes préparatoires aux grandes écoles, de langues rares, de sections internationales et autres options attractives pour les couches sociales favorisées.
Quant au privé, son offre scolaire d’excellence coïncide avec celle du public, et ce généralement dans les communes les plus favorisées : le privé ne compense pas les déséquilibres mais les renforce en créant une émulation sélective avec le public.
Au final, si l’on prend l’exemple des collèges, les établissements scolaires ne sont donc pas le simple reflet de leur environnement : qu’ils soient attractifs ou stigmatisés, ils sont plus ségrégés que les secteurs de recrutement eux-mêmes !


Une vraie demande de qualité éducative standard

Pourquoi alors le débat sur la ségrégation urbaine et scolaire se concentre-t-elle sur les classes moyennes accusées de chercher à se distancier des classes populaires ? Sans doute parce que la formation de mondes sociaux cloisonnés est perçue comme un péril pour la cohésion sociale, répond M. Oberti. "Cette injonction à davantage de mixité, toujours pensée en termes de mélange entre classes moyennes et classes populaires, ne constitue-t-elle pas la voie privilégiée de recherche de cette cohésion sociale dont une frange importante des classes supérieures, et tout particulièrement l'élite politique, ne cesse de rappeler les vertus tout en s'en affranchissant ?"


Ces classes moyennes sont mises en accusation au moment même où leurs marges de manœuvre se réduisent du fait du durcissement du jeu social par les classes supérieures : il est de plus en plus difficile aussi bien d’aller se loger dans les beaux quartiers que de forcer la porte des "meilleurs" établissements scolaires.


La vision polarisée des métropoles et de leurs banlieues s’est imposée comme l’image dominante, bien que déformée, de la réalité urbaine, avec des effets d’emballement quant à la peur du déclassement associé à la cohabitation avec les classes populaires et les immigrés. L’enquête qualitative d’Oberti montre à ce sujet qu’une large frange des classes moyennes ne rejette pas la mixité sociale et serait prête à jouer le jeu d’établissements "normaux", si tant est qu’une sorte de qualité éducative minimum soit garantie partout.

Ce n’est pourtant pas la voie que semblent prendre les politiques publiques en France. En réduisant la crise de l’école aux difficultés des établissements des quartiers difficiles, on répond en terme de création de filières d’excellence, soit en implantant des filières prestigieuses en banlieues populaires, soit en favorisant l’accès aux grandes écoles à quelques banlieusards méritants. Oberti remarque en l’occurrence que le souci de diversification de l’élite, si prisé actuellement, n’a pas grand chose à voir avec l’exigence de garantir une égalité des chances scolaires pour tous, dans un souci de mixité sociale plus large.


Dans ce contexte, une réforme de la carte scolaire qui respecterait un véritable objectif de mixité imposerait d’abord de proposer une offre scolaire homogène au niveau du collège (bien loin de la remise en cause du "collège unique"), de redéfinir les secteurs scolaires par bassins plutôt que par communes et d'organiser la mobilité de façon à ce qu’elle ne soit pas réservée à certains groupes sociaux. Enfin, elle supposerait l'implication de l’enseignement privé dans la négociation. Il s’agit là, à l’évidence, de choix politiques majeurs qui ont peu à avoir avec la réforme de "bon sens" à laquelle on ramène parfois la réforme de la carte scolaire…

22.09.2007

Quand des collèges anglais s'inspirent de Poudlard

MIEUX QUE LA DE SECTORISATION   ?  

 

Quand des collèges anglais s'inspirent de Poudlard

Par Dwalan, le 22/09/2007 à 14:49

SerpentardPoudlard, la fameuse école de sorciers, a inspiré la John Masefield High School qui va mettre en place un système de "maisons". Il ne s'agira pas de Griffondor et Serpentard, mais chaque "maison" va prendre le nom d'une des quatre collines environnantes : Beacon, Jubilee, Midsummer et Holywell. Par contre, pour les symboles représentant chacune des maisons, pas de griffon ou autre créature fantastique : juste un simple badge de couleur.
Toujours comme dans Harry Potter, chacune des maisons aura un tuteur qui sera responsable d'une vingtaine d'élèves. Ainsi, comme le précise le directeur : "Chaque maison donnera à ses élèves un fort sentiment d'identité au sein de la communauté".
Quant au choix des maisons pour chaque élève, le directeur n'a pas précisé s'il utilisait un choixpeau magique...

 

Merci   http://www.elbakin.net et sutout  http://www.ledburyreporter.co.uk

 

 

19.09.2007

Une autre étape : 2008 .

 

La desectorisation progressera en 2008...y compris pour les lycées.

Soyons vigilants. Ne manquons pas le mouvement.  

 

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Maintenir la carte scolaire pour démocratiser l’école
samedi 9 septembre 2006 par Philippe Verdier
La proposition de Ségolène Royal de « desserrer la contrainte » de la carte scolaire a fait de cette question un élément important de la campagne électorale. Gilles de Robien, qui expérimente déjà son assouplissement dans le cadre de sa réforme des ZEP, en a profité pour prendre la main et prôner le dialogue social qu’il pratique si peu. La droite a rappelé son soutien au « libre choix des familles ».

La carte scolaire, contemporaine de la première massification scolaire, a été mise en place en 1963 afin de promouvoir la mixité sociale. Le choix de l’établissement n’est pas laissé à la libre appréciation des familles. Il est encadré, régulé . Le fait est qu’aujourd’hui, elle n’empêche pas la constitution des ghettos scolaires. De nombreux parents usent de toutes les astuces possibles pour éviter d’inscrire leurs enfants dans le collège du secteur lorsque ce dernier a mauvaise réputation ( choix d’options présents dans un nombre d’établissements limité et socialement favorisés par exemple). Le choix du privé fait partie de ces stratégies de contournement bien réelles.

Ces difficultés sont l’argument principal de ceux qui prônent sa suppression ; la droite mais aussi Ségolène Royal ! La carte scolaire est un artefact . Comme la mixité sociale n’existe plus, elle n’a plus de raison d’être. La position du ministre de l’éducation nationale est cohérente avec sa politique libérale. Sarkozy s’est déjà prononcé pour sa suppression, pour une autonomie renforcée des établissements et leur mise en concurrence. La finalité de la prise de position de Ségolène Royal est, au mieux, obscur !

Sous prétexte que certains contournent la loi, et pour leur permettre de continuer, il faudrait supprimer la loi et avec, le principe républicain de mixité sociale. Cela, pour les remplacer par le marché !

Ségrégation sociale et ségrégation spatiale Les stratégies de contournement sont d’abord le fait des classes privilégiées. ( 15% de dérogations en 6ème à Paris). Ce phénomène a des causes sociales et scolaires qu’un projet de gauche ne peut manquer d’analyser.

La société française, sous l’impact des politiques libérales, connaît une croissance des phénomènes ségrégatifs. Les difficultés de l’institution scolaire sont le reflet de la panne de l’intégration sociale des couches populaires. Leur relégation sociale et spatiale est sans précédent et ne se réduit pas à la seule question des quartiers dits sensibles. Elle touche l’ensemble des zones rurales et péri urbaines. Les nouvelles fractures sociales sont aussi des fractures territoriales. La sociologie des écoles et des collèges de ces territoires reflète cette sociologie inégalitaire.

Le contexte résidentiel influence fortement les destinées scolaires. La situation familiale et le diplôme des parents sont des facteurs essentiels, mais à situation familiale donnée, ce contexte fait la différence.

La montée de l’insécurité sociale, la déstabilisation des destins sociaux, cette fameuse « panne de l’ascenseur social »forment la toile de fond de la concurrence pour les meilleurs contextes résidentiels et donc scolaires. L’ anxiété autour de l’école , de l’échec scolaire et de l’insertion sur le marché du travail va croissante. Il y a enjeu de statut. Le rapport à l’avenir est le fond de la question. Cette réalité pèse sur les stratégies des familles et leur rapport à l’institution scolaire. Les enfants des plus pauvres sont doublement défavorisés : par la pauvreté de leurs parents et par celle de leur quartier ou de leur canton.

Les effets de stigmatisation et relégation jouent à plein.

Si elle veut réellement briser les tabous, c’est à ces questions que la gauche doit proposer des réponses et ne pas se limiter à « l’air du temps ». Cet air, médiatique, est en effet profondément libéral.
Consumérisme scolaire

Les comportements familiaux contribuent à rendre les territoires scolaires plus ségrégatifs. Le principe de la carte scolaire parvient à peine à contenir la spirale ségrégative mais il n’est plus , à lui seul, une réponse satisfaisante. Est ce un argument pour le supprimer ? Comme pour les transferts vers le privé, les stratégies d’évitement concernent prioritairement le primaire et le collège, moments ou se joue le destin scolaire . La crise de confiance tient dans l’exacerbation des questions sociales et le renforcement de la compétition scolaire qu’elle produit.

Il faut, non pas reculer sur les questions de principe, mais s’inscrire dans la modernité , donner du sens à l’avenir, permettre à l’école de s’affranchir des conséquences de la division sociale des territoires et de devenir un « creuset égalitaire ». Aujourd’hui, l’idée que l’Education nationale garantit la même école pour tous n’est plus crédible . Il faut se donner l’objectif et les moyens de faire acquérir à toutes les couches de la populations les mêmes savoirs de base , une véritable culture commune. C’est l’enjeu qui doit s’inscrire au cœur de la campagne électorale. La démocratisation scolaire et non le recours au marché et à la concurrence. L’égalité des droits contre l’apartheid invisible que le libéralisme nous prépare.
Inégalités sociales et scolaires

L’hétérogénéité des élèves ne tombe pas du ciel. Elle n’est pas naturelle. L’entrée dans l’écrit dés le premier degré doit être une des priorités du projet socialiste. La mixité sociale, condition importante de la réussite scolaire, ne peut être évacuée sous prétexte de sa fragilisation par les politiques néo-libérales. L’école se transforme progressivement , fonctionnant au profit des parents les mieux placés et les mieux informés. Le laisser faire permet l’intégration progressive des inégalités sociales, sous toutes leurs formes, dans le système éducatif lui même. Le projet libéral en acte .
Libre choix ou régulation

Ce choix est un choix de société. « Le libre choix » induit l’autonomie des établissements et leur mise en concurrence . Le problème central devient alors celui de la répartition des élèves induit par cette liberté factice. Ce choix est favorisé , partout ou il existe, par la diffusion publique du résultat des établissements et par une différenciation de l’offre de formation ( options). La régulation se fait par le marché ! C’est la régulation par la concurrence, le retour en arrière vers une école inégalitaire.

Il y a une alternative à construire pour répondre à l’anxiété sociale que produit l’insécurité libérale : Démocratiser l’école par une réforme en profondeur qui s’appuie sur la capacité d’expertise de ses personnels, de la recherche et une volonté politique ; Améliorer la carte scolaire par une révision du découpage des secteurs, ce qui veut dire cesser de croire aux bienfaits de la décentralisation qui ne rime pas avec proximité mais plutôt avec potentats locaux ; Améliorer les allocations de moyens aux établissements et rompre avec l’opposition factice entre qualité et quantité. Le parti socialiste a réaffirmé sa volonté de maintenir le principe républicain de la carte scolaire et de la mixité sociale. Il est urgent qu’il en précise l’objectif politique et les modalités d’application.

Philippe Verdier

Democratie-socialisme.org