10.01.2008
Accueil minimum à l'école: les inspecteurs de l'Unsa appellent à ne pas participer
AFP Jeudi 10 janvier 2008
Accueil minimum à l'école: les inspecteurs de l'Unsa appellent à ne pas participer
Le Syndicat des inspecteurs de l'Education nationale (Sien) de l'Unsa-Education a appelé jeudi ses troupes à "ne s'impliquer de près ni de loin dans l'organisation" expérimentale d'un service minimum d'accueil des élèves, le 24 janvier, jour de grève nationale des profs.
"Le Sien-Unsa appelle les inspecteurs de l'Education nationale à ne s'impliquer ni de près, ni de loin dans l'organisation d'un service d'accueil de substitution dont l'appellation de +service éducatif minimum+ est totalement usurpée", a expliqué le syndicat dans un communiqué.
"On nous demande d'aller nous renseigner dans les écoles et de faire remonter aux municipalités des informations sur les enseignants qui seront en grève", a détaillé pour l'AFP Patrick Roumagnac, secrétaire général du Sien-Unsa, en rappelant que jusqu'ici les enseignants prévenaient les parents via les carnets de correspondance, sans intervention des inspecteurs.
Dans une note adressée mardi aux recteurs, le ministre de l'Education Xavier Darcos propose une "convention-type" à passer avec les mairies "volontaires", leur promettant une compensation financière si celles-ci organisent un accueil des enfants, en cas de fermeture d'école, avec l'aide des cadres de l'Education nationale.
"Que les municipalités organisent des garderies, nous sommes d'accord mais dans ce cas, ce sont elles qui gèrent l'organisation", a ajouté le responsable syndical.
"Plutôt que de donner des gages faciles à +l'opinion+, nous suggérons au ministre de l'Education de se préoccuper davantage de l'impact inévitable qu'aura la baisse des moyens humains et matériels sur la qualité du service public", a précisé le Sien-Unsa dans son communiqué, en référence au mot d'ordre de la grève du 24 janvier.
"Au plan de l'éthique, pour nous, que le ministre le veuille ou non, le service minimum est une manière d'atteindre le droit de grève", a ajouté M. Roumagnac.
31.10.2007
La réduction des horaires divise les enseignants
La réduction des horaires divise les enseignants
LE MONDE POUR MATINPLUS | 31.10.07
L'affaire est entendue : dès la rentrée 2008, les élèves du primaire ne travailleront plus le samedi matin, ce qui abaissera leur horaire hebdomadaire de classe de 26 à 24 heures. Xavier Darcos, le ministre de l'éducation, l'a confirmé, dimanche. Objectif : "recentrer l'école primaire, [où] on se disperse beaucoup, selon lui, sur l'écriture, la lecture, le français, la maîtrise de la langue." Les écoliers français battent, de fait, des records de présence en classe avec leurs 936 heures annuelles, contre une moyenne OCDE de 769 heures pour les 7-8 ans et de 814 heures pour les 9-11 ans. Pour des résultats pas forcément meilleurs : selon une enquête internationale citée par le ministre, portant sur les compétences des élèves en lecture et en écriture, la France serait tombée "dans les 6 dernières places sur 40", désormais placée "derrière la Bulgarie".
Le collégien français, lui, ne travaille ni plus ni moins que ses voisins et, selon un sondage IFOP de juin 2006, 62 % des parents estiment que sa charge de travail est adaptée à son âge. En revanche, côté lycée, un rapport d'audit réalisé conjointement par Bercy et l'éducation rappelle que "l'horaire annuel du lycéen français est supérieur de 20 % à celui de ses homologues européens les plus performants. La charge hebdomadaire de travail de l'élève dépasse 45 heures". La sociologue Anne Barrère, qui a travaillé sur la question, confirme : "En moyenne, en plus des cours, les lycéens m'ont déclaré 11 heures de travail personnel, et les filles 2 heures de plus que les garçons".
Les deux heures libérées dans l'emploi du temps des enseignants du primaire (qui ne travailleront pas moins, mais différemment) doivent permettre d'individualiser au maximum le travail effectué avec les 15 % d'enfants qui ont le plus de difficultés. Barbara Lefebvre, professeur d'histoire-géographie dans un collège de banlieue, et coauteur de L'école sous influence (Audibert, 2005) ne voit pas d'inconvénient à une réduction des horaires en primaire : "En finir avec l'école du samedi et concentrer moyens et heures gagnés sur les cinq à six élèves les plus en difficulté me paraît une bonne idée."
En revanche, pour Jean-Michel Zakhatchouk, professeur de français en collège et membre des Cahiers pédagogiques, "la suppression du samedi risque de profiter à ceux qui ont des loisirs intéressants. Idem pour l'accompagnement éducatif, basé sur le seul volontariat et que les élèves les plus réfractaires ne choisiront pas. Mieux vaudrait travailler sur le temps efficace en classe. Deux heures de cours d'affilée, surtout en éducation physique et sportive, qui nécessite souvent une installation de matériel, c'est bien plus efficace que deux fois une heure. Et puis, ce qui fatigue les élèves, c'est l'inaction, la passivité. Lorsqu'ils sont en éveil, en activité, ils oublient la longueur et le poids des heures".
Dans une France nourrie depuis des décennies au "toujours plus", cette nouvelle logique de réduction d'horaires a du mal à passer, d'autant qu'elle interroge directement l'efficacité de l'enseignement public. "Travailler moins et apprendre mieux, je n'y crois pas du tout. Il y a un temps d'apprentissage incompressible", lance la présidente de l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (Apmep), Pascale Pombourcq. "Prétendre que l'on apprendra mieux en travaillant moins est un impudent mensonge, dont le tour paradoxal vise à désarmer notre bon sens, s'emporte Laurent Lafforgue, mathématicien, lauréat de la médaille Fields et coauteur de l'ouvrage collectif La débâcle de l'école (éditions François-Xavier de Guibert, 2007). Il est désolant d'avoir à rappeler une évidence : plus on consacre de temps à l'étude, mieux on apprend."
A l'heure où l'on constate un désintérêt croissant des élèves pour les disciplines scientifiques, les enseignants de ces filières sont particulièrement inquiets des projets du gouvernement. "Que va devenir l'enseignement des sciences du fait de la pénurie de professeurs et des craintes sur la réduction des heures de cours ?", demande Pascale Pombourcq, qui rappelle : "aujourd'hui, même en S avec spécialité maths, on fait moins de maths qu'en C autrefois. On est passé de neuf heures en C à cinq heures et demie en S, spécialité maths. Même les profs de physique demandent que les élèves fassent plus de maths !" Quant aux comparaisons internationales, pour Laurent Lafforgue, "elles sont à prendre avec des pincettes puisque les systèmes éducatifs sont devenus médiocres partout : au pays des aveugles, les borgnes sont rois."
Maryline Baumard et Nicolas Truong
--------------------------------------------------------------------------------
La maternelle contre les inégalités
L'école maternelle fait aussi l'objet d'une évaluation.
Xavier Darcos a commandé au linguiste Alain Bentolila un rapport sur les "réformes nécessaires à une refondation de l'école maternelle", afin d'en faire "le premier rempart contres les inégalités sociales".
Allant dans le même sens, un groupe d'étude sur la maternelle, réunissant syndicats, parents d'élèves et piloté par le ministère de l'éducation nationale, préconise, dans un rapport, de "donner à l'apprentissage de la langue française une priorité absolue", en assurant "en priorité la scolarisation des moins de trois ans dans les secteurs situés dans un environnement social défavorisé". Le groupe propose aussi de "clarifier les programmes de l'école maternelle ", et de " renforcer la formation initiale et continue des maîtres à la spécificité de l'école maternelle".
07:05 Publié dans Actus en salle des profs ... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.10.2007
Môquet L'excellent article citée par une de nos lectrices.
Guy Môquet : nouveau mythe historique
Ecrit par Alix Ducret
22-05-2007
Sur : http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com...
Guy Môquet (1924-1941).
Il y a peu, Monsieur Sarkozy, président nouvellement élu, a décidé qu’à chaque rentrée scolaire serait lue aux élèves de collège la dernière lettre de Guy Môquet, un jeune homme de 17 ans, fusillé en 1941.
Le but avoué de cette initiative : faire prendre conscience aux jeunes collégiens français de ce qu’est l’amour de la France ; un amour qui peut et qui a souvent conduit au sacrifice. L’intention est louable…
Sauf que ce fameux texte n’est rien de plus qu’une lettre d’adieu d’un fils à ses parents ; sauf que pas une fois, le jeune homme ne mentionne même la France ; sauf qu’il n’y a là aucun appel à la Résistance… E
t pour cause ! Guy Môquet, arrêté en octobre 1940, ne l’a pas été pour son activisme contre les Allemands ; il ne l’a pas été pour un quelconque acte résistance -à moins que l’on considère le fait d’avoir été fusillé comme tel !
C’est pour avoir collé des affiches communistes que ce jeune militant a été arrêté ; et c’est parce qu’un officier allemand avait été assassiné qu’il a ensuite été fusillé.
C’est bien triste mais ce fut le lot de nombre de Français… Quant à l’opportunité de porter au panthéon de l’histoire un militant communiste…
Lorsque ce fils de député communiste est arrêté, en octobre 1940, l’Allemagne hitlérienne et l’URSS sont alliées, complices même. Car si la signature du Pacte germano-soviétique (en août 1939) assure la paix à Hitler sur ses frontières de l’Est, lui laissant tout loisir d’envahir l’Ouest de l’Europe, le Protocole additionnel qui l’accompagne –il ne sera dévoilé qu’en 1945 après l’étude des archives de la Wilhelmstrasse- prévoit un véritable partage de l’Europe orientale.
La Pologne et les Etats baltes en feront d’ailleurs les frais les premiers…
Une voix officielle " douteuse "
Caricature dénonçant le Pacte germano-soviétique.Voir le site ...
Côté politique, la franche collusion entre les deux dictateurs allait déboucher, dès septembre 1939, par l’interdiction et la dissolution du Parti communiste français. Une dissolution avant tout officielle d’ailleurs, un Parti clandestin se constituant aussitôt. Ce faisant, le gouvernement Daladier ne faisait que répondre à la demande de l’opinion publique, presque unanimement dressée contre les nouveaux « camarades » d’Hitler. Etait-ce justifié ? Peut-on réellement croire qu’un accord, signé par le dirigeant de l’URSS, pouvait engager les communistes français ailleurs que dans la défense de leur patrie ? Il faut croire que oui, notamment à la lecture de l’Humanité –un journal qui, étonnement, reparaîtra officiellement entre 1940 et 1941, soit durant les premiers mois de l’Occupation allemande- ou à celle de nombreux tracts. Ces derniers, certes, sont des appels à la résistance, mais contre le gouvernement français, contre leurs complices « de la City et les 200 familles », bref, contre les capitalistes… Allant même plus loin, certains de ces tracts incitent clairement au sabotage. Ils durent avoir quelque écho, si l’on en croit les rapports publiés après-guerre (sabotage dans les usines de munitions, sur les véhicules militaires, retards de fabrication et de livraison…) Une véritable résistance passive… contre le gouvernement français ! Et l’offensive allemande contre la France, à partir de mai 1940, ne changera rien à l’affaire : le soi-disant appel, revendiqué par le PC après la guerre, est un mythe dénoncé par les historiens depuis longtemps !
A l’heure du choix
Affiche sur les martyrs de Châteaubriant, parmi lesquels Guy Môquet. Voir le site ...
On comprend donc la décision de Daladier concernant le Parti. Qui peut dire, par contre, la part de chaque militant communiste ? De la même façon que certains vont suivre aveuglément les directives du Parti, d’autres vont s’engager, dès le début, dans un effort de défense puis de résistance nationale. Mais qui peut dire que ce fut le cas de Guy Môquet ? Personne, certainement, pour la bonne et simple raison que toutes les actions du jeune homme ne concernent que le Parti communiste, la lutte contre le capitalisme et la défense du prolétariat. Nulle mention de patriotisme, de résistance, de défense nationale…
Au final, il est certain que son étiquette de communiste allait la desservir : lorsque Guy Môquet et ses camarades sont exécutés, en octobre 1941, cela fait juste six mois qu’Hitler a lancé l’opération Barbarossa contre l’URSS.
Une agression qui devait évidemment mettre fin à l’idylle germano-soviétique et classer les communistes au même rang que les autres opposants à l’Allemagne.
La France a ses martyrs ; l’histoire, parfois, a su en faire des héros. Mais les politiques n’ont jamais su créer autre chose que des mythes historiques et l’élévation du jeune Guy Môquet au rang de héros national est du nombre, au point qu’on ne saurait voir en lui qu’un nouveau Joseph Bara…
17.10.2007
Guy Môquet
Les enseignants tiraillés sur la lettre de Guy Môquet
Lundi prochain,22 octobre 2007, ils doivent lire à leurs élèves l’adieu du jeune communiste.
Véronique Soulé
Libération mardi 16 octobre 2007
«L’an dernier, c’était les effets positifs de la colonisation. Aujourd’hui, on nous demande de lire la lettre de Guy Môquet en classe le 22 octobre. Et l’an prochain pourquoi pas un discours de Paul Déroulède ?» Professeur d’histoire, Paul, 34 ans, est furieux. Il n’a rien contre la lettre du jeune résistant communiste. «C’est l’instrumentalisation de l’histoire que je ne supporte pas, explique-t-il, cet appel à célébrer le patriotisme et la résistance contre les nazis, alors même que l’on instaure des tests ADN pour les étrangers, ça me dérange.»
Enseignant dans deux lycées de la région de Maubeuge (Nord), Paul hésite encore sur ce qu’il fera lundi, jour de la commémoration de l’exécution de Guy Môquet avec 26 camarades le 22 octobre 1941. Dans l’établissement où il donne cours, il devait suivre une journée de stage sur les nouvelles technologies. Il pourrait l’écourter, lire la lettre et enchaîner par une discussion sur la manipulation politique.
Cette journée du souvenir, à l’initiative du Président, risque de se dérouler dans un certain chaos. Dans un texte publié le 30 août, le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, appelle «les équipes éducatives à se mobiliser», et donne le sens de cette célébration : elle «est l’occasion de rappeler l’engagement des jeunes de toutes régions et de tous milieux qui firent le choix de la résistance, souvent au prix de leur vie.»
Pressentant peut-être les remous, le ministre donne un cadre très souple à cette journée. La lettre pourra être lue dans la matinée «en classe ou en grand groupe», par les enseignants ou par des résistants ou des déportés. La lecture pourra être suivie par l’un des onze textes proposés par le ministre, où figurent des poésies d’Aragon et de René Char, et sera complétée par une «réflexion collective», autour de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. «Je suis pour, tranche Ilias, 36 ans, prof de lettres et d’histoire dans un lycée professionnel parisien, d’ailleurs je n’ai pas attendu le nouveau président pour la lire à mes élèves.» Mais, fils d’émigrés grecs, il ne s’en tient pas là : «Je lis aussi la dernière lettre de Manoukian [résistant arménien, ndlr] à sa femme. Pour montrer que des étrangers aussi ont donné leur vie pour la France.» Militant du Snalc (Syndicat national des lycées et collèges, à droite), il ne sera pas là lundi car il assiste au congrès du syndicat. «C’est ma collègue chargée de la vie professionnelle qui lira la lettre, je lui prépare le matériel pour resituer le contexte.»
Lundi, on risque de se retrouver face à des situations fort diverses. Certains proviseurs, «très légalistes» , vont tout faire pour se conformer à la demande du ministre. En décrétant par exemple que la première heure de cours sera consacrée à la lecture de la lettre.
Cérémonies. Une prof d’espagnol a déjà été avertie qu’elle devrait s’y mettre. D’autres proviseurs, moins chauds, ont fait comprendre qu’ils n’iraient pas dans les classes. Les établissements portant le nom de Guy Môquet vont organiser de vraies cérémonies en présence du recteur ou de députés, souvent communistes. Premier syndicat du secondaire, le Snes (Syndicat national des enseignants du second degré, à gauche) a appelé ses membres à organiser dans leur établissement «un refus collectif». «Il faut savoir quel maître nous servons : le savoir ou le pouvoir.» Un collectif fait signer une pétition sur la Toile (1). Plus modéré, le Sgen-CFDT (Syndicats généraux de l’Education nationale, à gauche) refuse de donner une consigne mais s’inquiète de «l’articulation entre usage politique, devoir de mémoire et crédibilité pédagogique».
Résistants. En fait, de nombreux enseignants vont naviguer à vue, soucieux de ne pas «désobéir» au ministre – aucune sanction n’est toutefois prévue – mais agacés de se voir dire ce qu’il faut faire. Beaucoup lisent déjà des lettres de condamnés, font des visites dans les camps de concentration ou invitent des résistants à témoigner. De plus, au lycée, la Seconde Guerre mondiale n’est étudiée qu’en classe de première, et plus tard dans l’année. Et en terminale, on étudie la mémoire de la guerre. Les enseignants tiennent à cette progression. Prof dans un collège de Seine-Saint-Denis, Christophe a eu la surprise de trouver une lettre de son principal dans son casier : «Que faites-vous le 22 octobre ?» «Ça devait pourtant être réservé aux lycées. Au collège, on commence par l’Antiquité.» Christophe n’a pas répondu. Il songe à lire la lettre puis à engager une discussion sur le thème : «A quoi résisteriez-vous aujourd’hui ?»
(1) collectif.diogene@orange.fr
http://www.liberation.fr/actualite/societe/285086.FR.php
Merci Libération
Deux profs, une ZEP de Seine-Saint-Denis, un collège à Paris :
Libé Nlog , trouvé sur Libé le 16 octobre 2007
Deux profs, une ZEP de Seine-Saint-Denis, un collège à Paris :
des regards croisés.« Le dernier homme | Accueil
16/10/2007
Nous étions la semaine dernière en période d’élection.
Des délégués de classe.
Des représentants de parents d’élèves.
Et aussi des représentants des personnels.
Je ne m’en suis rendu compte que vendredi quand on m’a dit qu’il fallait aller voter.
J’étais un peu perplexe sur le coup. Je ne comprenais pas. Nous étions en période d’élection, et pourtant, dans la salle des profs, les gens continuaient à se parler. A sourire. A évoquer gaiement leurs soucis avec les élèves. Et oui, aussi à parler «enfants». Tout était comme d’habitude. La même ambiance sereine. Le même calme.
Non, vraiment, ça ne ressemblait en rien à ce que j’avais connu ces dernières années.
Pas de regard torve entre les candidats de listes rivales.
Pas de conversation à voix basse qui s’arrête dès qu’une porte s’ouvre.
Pas de collègue (d’une liste) qui fait passer à un autre (d’une autre liste, celle avec, ah ben tiens, Guillaume !) en réunion syndicale un tube de vaseline pour expliquer — je cite — «vous nous avez enc*** pendant des années, c’est à notre tour. Et, au moins, nous, on vous prévient».
Pas de tract dans les casiers dénonçant les «manipulateurs de l’ombre», les «menteurs», les «dictateurs du collège», les «collègues sans intégrité» (ça, je suis sûr que c’était uniquement pour Guillaume…)
Pas de courrier demandant à l’Inspection d’Académie d’épurer une liste de ses membres «non-respectables».
OK, pas non plus de ricanements mesquins à propos de la syntaxe des auteurs du courrier.
Pas d’angoisse quelques minutes avant le dépouillement.
Pas d’explosion de joie quand la liste dont on fait partie rassemble plus de 80% des voix.
(Et tout ça pour pouvoir participer au conseil d’administration de l’établissement cinq fois par an, pour avoir la permission de s’offusquer de faits accomplis sans pouvoir les changer, pour réussir après deux heures de palabres à créditer de 10 euros supplémentaires la ligne «fournitures pédagogiques LV2» dans le budget annuel…)
Non. Que du calme. De la sérénité.
Du calme.
J’ai déjà dit que j’étais content d’avoir eu ma mutation ?
Vraiment très content !
Guillaume, ça ne veut pas dire que tu ne me manques pas un peu plus chaque jour…
Mais quand même...
Je t'ai dit que c'était calme dans ma salle des profs ?
Reste que ZEP, pas ZEP, Paris, périphérie, province, quand on mute, ce serait pas mal que le nombre de conna..., hmm, le nombre de collègues avec lesquels on risque d'avoir des problèmes relationnels irréconciliables soit mentionné dans la liste des caractéristiques des établissements disponibles.
J'ai de la chance, je suis bien tombé.
J'espère seulement que mon arrivée dans le collège n'a pas fait passer ce nombre de zéro à un.
00:25 Publié dans Actus en salle des profs ... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'ambiance dans une salle des profs de collège parisien
On me l'avait dit.
L'ambiance dans une salle des profs de collège parisien (même un peu «sport») n'a rien à voir avec celle d'un collège ZEP de Seine-Saint-Denis.
Il y a certains bons côtés. C'est plus calme. Plus serein. Plus apaisé.
C'est différent. Un peu plus monotone, par exemple.
Mais je ne suis pas persuadé que ce soit seulement à cause d'une moyenne d'âge plus élevée.
Entendu dans mon ancienne salle des profs.
«J’ai assisté à un spectacle magnifique ce week-end, une adaptation théâtrale de Manhattan Transfer par un auteur bulgare au Théâtre des Châtaigniers. Splendide.»
Entendu dans ma nouvelle salle des profs.
«J’ai assisté à un spectacle magnifique hier soir. J’ai vu pour la première fois les yeux de Tristan s’illuminer quand il m’a reconnue quand je suis allée le chercher chez sa nourrice.»
Ancienne.
«Je suis explosée de fatigue. Après avoir passé la soirée à boire des bières sur le canal, on a fini en boîte jusqu’à cinq heures du matin. Ensuite, on a pris un café en terrasse et j’ai sauté dans le RER pour venir ici. Six heures de cours, je ne vais jamais tenir.»
Nouvelle.
« Je suis explosée de fatigue. Oscar a pleuré toute la nuit, il fait ses dents. Et Mélanie s’est réveillée à cinq heures et demie. Six heures de cours, je ne vais jamais tenir.»
Ancienne.
«C’est un scandale. La réforme de l’Education Prioritaire va aboutir à la ghettoïsation de nos lycées de secteur.»
Nouvelle.
«C’est un scandale. Le congé d’allaitement a été supprimé. Et mon médecin n’a même pas voulu me donner un mois de congé thérapeutique.»
Ancienne.
« Il est magnifique. Le nouveau prof d’EPS, c’est quand il veut, où il veut. Tiens, on a qu’à lui proposer de faire l’accompagnateur en classe verte.»
Nouvelle.
«Il est magnifique. Et tu dis qu’il a quel âge ? Trois mois. Tiens, j’ai des photos du mien. Il a douze ans sur celle-là.»
Ancienne.
«Non, hier, j’étais pas là, j’étais en grève.»
Nouvelle.
«Non, hier, j’étais pas là, ma fille avait de la fièvre.»
90%.
En salle des profs, il y a 90% de femmes.
On devrait être à 82%, mais avec les deux profs mâles de techno qui restent dans leur atelier et les deux d'EPS qui ne quittent pas leur vestiaire, on atteint ce sex-ratio démentiel.
Le même qu'en quatrième C. 22 filles et 5 garçons.
Je n'ai jamais autant confisqué de maquillage. Et entendu de gloussements à la minute.
Parfois, je pense parfois à Sex & The City. Cette série télé d'anticipation sur un groupe de femmes qui ne parlent pas que de de "trucs de filles".
00:15 Publié dans Actus en salle des profs ... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



